Original Research

Les victimes silencieuses des crises humanitaires et l’(in)sécurité de leurs activités économiques : Etude de cas parmi les migrants de deux villes tchadiennes

Syntyche Nakar Djindil, Mirjam de Bruijn
Jàmbá: Journal of Disaster Risk Studies | Vol 2, No 3 | a31 | DOI: https://doi.org/10.4102/jamba.v2i3.31 | © 2009 Syntyche Nakar Djindil, Mirjam de Bruijn | This work is licensed under CC Attribution 4.0
Submitted: 25 April 2009 | Published: 25 April 2009

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Syntyche Nakar Djindil, Wageningen University, Law and Governance Group, The Netherlands
Mirjam de Bruijn, Africa Studies Centre, Leiden, The Netherlands

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Abstract

Lorsqu’une catastrophe humanitaire fait la une des médias, la communauté internationale se mobilise à réduire les conséquences les plus sérieuses. La population du Tchad connaît cependant des crises endémiques qui ne sont liées à aucun élément déclencheur particulier# ; elle ne reçoit pas l’assistance internationale nécessaire pour faire face à ces problèmes. La présente étude concerne 111 ménages de migrants de la région du centre du Tchad, qui ont, à cause de la guerre et de la sécheresse, tout perdu, et qui vivent désormais dans de N’Djamena et de Mongo#; ces familles sont confrontées à la précarité et à d’autres éléments qui menacent leurs moyens de subsistance. Des méthodes qualitatives et quantitatives ont été combinées dans l’étude pour révéler l’histoire intrigante de leur vie quotidienne au milieu de crises complexes et endémiques. Des données anthropométriques et sanitaires ont été utilisées pour déterminer l’état nutritionnel des mères et de leurs enfants de moins de cinq ans. Des narrations de vie, des entretiens en profondeur et des observations participatives ont permis aux chercheurs de déterminer les stratégies de négociation que ces familles adoptent pour accéder à leur nourriture et à leurs abris, leur expérience de l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité sanitaire, ainsi que les conséquences que ces éléments ont sur leur vie quotidienne. Les résultats indiquent que 62% des ménages sont dirigés par des femmes, qu’il existe de forts taux de malnutrition aiguë (40-50%) et chronique (35-40%) et que 46% des mères sont sous-alimentées et anémiées. Les taux de mortalité infantile se sont avérés également élevés#: de 30% à 42%. 97% des enfants n’ont pas été complètement vaccinés, voire pas vaccinés du tout, dans certains cas. Aucun des ménages n’a accès à l’eau potable et aux services sociaux de base. La corruption endémique et l’abus manifesté par les autorités tchadiennes ont été identi$és comme sources d’insécurité quotidienne. Ces migrants considèrent cette situation misérable comme normale.

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